Sommaire
- 1 Sanctions contre Makor Securities Paris : ce que cela dit de la régulation financière
- 2 Défaillances de détection des abus de marché : pourquoi les investisseurs sont concernés
- 3 Recours devant le Conseil d’État : une décision encore contestée
- 4 Impact de ces sanctions pour les clients et le marché
- 5 Comparaison avec d’autres décisions récentes de la Commission des sanctions
- 6 Un environnement de régulation financière en évolution rapide
- 7 FAQ – Questions fréquentes
Le 20 janvier 2026, la Commission des sanctions a infligé des amendes significatives à Makor Securities Paris, prestataire de services d’investissement, et à son dirigeant Yankel Hassan. En toile de fond : des défaillances relevées dans le dispositif de détection des infractions financières, en particulier en matière d’abus de marché. Pour les investisseurs, particuliers comme professionnels, l’enjeu dépasse largement ce seul dossier. Il illustre la manière dont la régulation financière se durcit autour des dispositifs de contrôle internes, mais aussi la responsabilité personnelle des dirigeants. Les montants en jeu – 700 000 euros pour la société et 150 000 euros pour son président – témoignent d’une volonté claire de rappeler l’exigence de conformité.
Ce dossier s’inscrit dans un mouvement plus large de surveillance accrue des prestataires, déjà visible dans d’autres décisions récentes en matière de gestion d’actifs ou de conservation de titres. Il montre aussi que les voies de recours restent ouvertes : la société et son dirigeant ont saisi le Conseil d’État, à la mi-mars, à la fois par un recours au fond et par une requête en référé-suspension contre la décision SAN‑2026‑02. Pour un investisseur, suivre ces développements permet de mieux évaluer la qualité de gouvernance des intermédiaires auxquels il confie ses ordres ou ses fonds. La non-conformité n’a pas seulement un coût réglementaire ; elle peut aussi affecter la confiance du marché, la relation client et, à terme, la réputation d’un acteur clé de la chaîne d’investissement.
En bref :
- Sanctions pécuniaires de 700 000 € contre Makor Securities Paris et 150 000 € contre Yankel Hassan, assorties d’avertissements.
- Motif central : défaillances dans les dispositifs de détection et de suivi d’éventuels abus de marché, au cœur de la régulation financière.
- La société et son dirigeant ont engagé, en mars, un recours et une requête en référé-suspension devant le Conseil d’État.
- Pour les investisseurs, cette affaire rappelle l’importance de vérifier la solidité des systèmes de conformité des prestataires.
- Le cas s’inscrit dans une série récente de décisions de Commission des sanctions visant des prestataires et sociétés de gestion pour non-conformité.
Sanctions contre Makor Securities Paris : ce que cela dit de la régulation financière
Les sanctions prononcées en janvier 2026 frappent un prestataire de services d’investissement installé en France après le Brexit et son principal dirigeant, Yankel Hassan. L’autorité de contrôle a relevé des faiblesses dans le dispositif interne chargé de repérer d’éventuels abus de marché, un volet central de toute architecture de conformité dans un PSI. En pratique, cela signifie que la surveillance des opérations, des flux d’ordres et des signaux d’alerte n’était pas jugée à la hauteur des standards attendus.
Pour un investisseur qui passe par un intermédiaire pour exécuter ses ordres, la qualité de ces contrôles invisibles est pourtant essentielle. Ils ne se voient pas dans l’interface de trading, mais ils contribuent à la sécurité globale du marché. D’autres décisions récentes, comme la sanction d’un grand dépositaire ou encore le verdict visant une société de gestion, montrent que cette exigence s’étend à tout le spectre des acteurs.

Montant des amendes et avertissements : un signal pour le marché
La décision de Commission prévoit deux volets financiers et disciplinaires : une amende de 700 000 euros assortie d’un avertissement pour Makor Securities Paris, et une amende de 150 000 euros, également accompagnée d’un avertissement, pour Yankel Hassan. Le total de 850 000 euros place ce dossier parmi les décisions marquantes récentes à l’égard d’un prestataire et de son dirigeant.
Le double ciblage – entité et personne physique – rappelle que la responsabilité ne se limite pas à la structure juridique. Les dirigeants opérationnels sont, eux aussi, attendus sur la mise en place, le suivi et l’efficacité des dispositifs de conformité. Pour un professionnel de la gestion d’actifs ou du courtage, cette affaire constitue un repère concret sur le niveau d’exigence associé à la fonction de direction.
Défaillances de détection des abus de marché : pourquoi les investisseurs sont concernés
Au cœur du dossier, l’enquête a mis en avant des défaillances dans un système pourtant central : la surveillance des opérations pour repérer d’éventuelles infractions financières liées à des abus de marché (transactions suspectes, manipulations de cours, utilisation d’informations privilégiées, etc.). Cette mécanique repose sur des algorithmes, des scénarios d’alerte et des analyses humaines, qui doivent être calibrés, testés et mis à jour.
Un investisseur particulier pourrait se demander : en quoi ces mécanismes, purement internes, le concernent-ils directement ? La réponse tient en deux points. D’abord, ils contribuent à l’intégrité des cours : un marché où les anomalies sont détectées et traitées rapidement offre des prix plus fiables. Ensuite, ils constituent un baromètre de sérieux pour les intermédiaires choisis.
Exemple concret : quand un dispositif de surveillance fait la différence
Imaginons un investisseur, Marc, qui confie des ordres d’achats d’actions de petites capitalisations à un prestataire. Sur ces valeurs moins liquides, le risque de manipulation de cours est plus élevé. Si le PSI dispose d’un dispositif robuste, des ordres anormaux passés par certains clients déclencheront des alertes, des analyses et, si nécessaire, des déclarations aux autorités.
À l’inverse, si le système de surveillance est insuffisant, ces comportements peuvent passer sous les radars, perturbant le carnet d’ordres et, à terme, le prix payé par Marc. Ce cas fictif illustre l’enjeu : la qualité de la surveillance interne influence, indirectement mais concrètement, les conditions de marché auxquelles les investisseurs sont exposés.
Recours devant le Conseil d’État : une décision encore contestée
Dans ce dossier, la décision rendue en janvier 2026 ne constitue pas le dernier mot. Le 18 mars, puis le 19 mars, Makor Securities Paris et Yankel Hassan ont formé devant le Conseil d’État, d’une part un recours contre la décision SAN‑2026‑02, d’autre part une requête en référé-suspension visant à en interrompre l’exécution dans l’attente d’un jugement au fond. À ce stade, la procédure contentieuse est donc en cours.
Pour les investisseurs, l’existence de ces voies de recours rappelle un point important : les décisions de la Commission des sanctions peuvent être contestées et font l’objet d’un contrôle par la juridiction administrative suprême. Il s’agit d’un mécanisme d’équilibre au sein de la régulation financière, qui vise à concilier protection du marché et droits de la défense des acteurs mis en cause.
Ce que signifie, en pratique, une procédure de recours
Sur le plan pratique, un recours ne suspend pas automatiquement les sanctions. D’où l’intérêt, pour les parties concernées, d’introduire un référé-suspension, procédure d’urgence permettant de demander au juge de geler temporairement l’exécution d’une décision en cas d’urgence et de doute sérieux sur sa légalité.
Pour l’investisseur qui suit l’actualité de ses prestataires, il est utile de distinguer trois étapes : la décision initiale, la phase de recours, puis l’issue définitive (confirmation, annulation totale ou partielle, adaptation des amendes). La perception du risque de non-conformité peut évoluer à chacune de ces étapes, même si les faits initiaux relevés dans l’enquête restent un signal à analyser.
Impact de ces sanctions pour les clients et le marché
Les sanctions pécuniaires et les avertissements ne signifient pas nécessairement une interruption immédiate des services fournis par le prestataire. Cependant, elles peuvent entraîner des renforcements rapides des procédures, des investissements dans la conformité et, dans certains cas, une révision du modèle opérationnel. Les clients peuvent voir évoluer certaines pratiques : questionnaires plus détaillés, contrôles renforcés, délais supplémentaires sur certains types d’ordres ou de produits.
Cette dynamique n’est pas isolée. On la retrouve dans d’autres dossiers récents, qu’il s’agisse de sanctions visant des banques étrangères opérant en France ou des sociétés de gestion pour manquements aux règles de contrôle interne. L’actualité d’Investmania en témoigne, avec par exemple l’analyse des sanctions prononcées contre Saxo Bank ou la mise en lumière d’autres prestataires et dirigeants sanctionnés pour des dispositifs de surveillance jugés insuffisants.
Points de vigilance pour un investisseur qui choisit son prestataire
Sans se substituer à un conseil personnalisé, quelques repères généraux peuvent aider à apprécier le niveau de sérieux d’un intermédiaire :
- Transparence sur la gouvernance et la gestion des risques (présentation des comités, des fonctions de contrôle, des politiques d’abus de marché).
- Qualité de l’information fournie aux clients sur les risques des produits, notamment les instruments complexes ou à effet de levier.
- Historique public en matière de infractions financières ou de non-conformité (décisions connues, mesures correctrices annoncées).
- Capacité à se mettre rapidement à jour face aux nouvelles exigences réglementaires (crypto-actifs, reporting, protection des données, etc.).
Ces critères ne garantissent pas l’absence de risque, mais ils constituent un socle pour comparer plusieurs prestataires avant de confier des montants significatifs ou des stratégies complexes.
Comparaison avec d’autres décisions récentes de la Commission des sanctions
Pour mieux situer le dossier Makor Securities Paris / Yankel Hassan, il est utile de le comparer avec d’autres affaires ayant marqué l’actualité. Ces dernières années, les décisions publiées montrent une ligne directrice : accent sur la qualité des contrôles, la traçabilité des décisions et la bonne information des investisseurs. La Commission intervient aussi bien sur les prestataires exécutant des ordres que sur les sociétés de gestion ou les établissements de conservation.
Cette cohérence d’ensemble apparaît dans plusieurs affaires suivies par Investmania, comme la décision visant Caceis Bank, ou encore le verdict concernant Novaxia et Joachim Azan qui a marqué le secteur de la gestion immobilière. Dans ce contexte, le cas Makor Securities Paris s’inscrit dans un mouvement plus large de responsabilisation accrue des acteurs clés de la chaîne financière.
Tableau récapitulatif : principaux éléments du dossier Makor
| Élément clé | Détails |
|---|---|
| Date de décision | 20 janvier 2026 (décision SAN‑2026‑02 de la Commission des sanctions) |
| Acteurs concernés | Société Makor Securities Paris (prestataire de services d’investissement) et son dirigeant, M. Yankel Hassan |
| Montant des amendes | 700 000 € pour la société + 150 000 € pour le dirigeant, soit 850 000 € au total |
| Mesures complémentaires | Avertissement à l’encontre de la société et de son dirigeant |
| Motif principal | Défaillances dans le dispositif de détection et de suivi d’éventuels abus de marché |
| Recours engagés | Recours et requête en référé-suspension devant le Conseil d’État, les 18 et 19 mars 2026 |
Ce tableau permet de visualiser en un coup d’œil les données structurantes du dossier, utiles pour tout investisseur souhaitant suivre l’évolution de la régulation financière et de son application concrète.
Un environnement de régulation financière en évolution rapide
L’affaire Makor intervient dans un contexte où la régulation financière européenne et française se densifie. Entre les initiatives liées à la lutte contre le blanchiment, la supervision des instruments liés aux crypto-actifs et l’encadrement des nouveaux canaux de distribution (notamment via les influenceurs), les acteurs sont soumis à une pression de conformité croissante.
Les consultations en cours sur les normes de l’Autorité européenne de lutte contre le blanchiment ou les évolutions du cadre applicable aux crypto-actifs – analysées dans nos dossiers sur la réglementation des crypto-actifs ou encore sur la fin de la période transitoire des PSAN – illustrent cette accélération. Les prestataires doivent adapter leurs systèmes en continu, sous peine de se retrouver dans des situations de non-conformité coûteuses.
Conséquences pratiques pour les stratégies d’investissement
Pour un investisseur, ces évolutions peuvent avoir plusieurs effets indirects. Certains produits deviennent plus encadrés, voire moins accessibles, en raison de critères de profilage plus stricts. Les coûts de conformité peuvent aussi être répercutés, au moins en partie, sur les frais ou les conditions tarifaires.
La contrepartie de ces contraintes supplémentaires est une meilleure protection contre certaines infractions financières : abus de marché, opérations non autorisées, défauts d’information sur les risques. Dans un environnement où les innovations (fintech, crypto, tokenisation) bousculent les repères, la robustesse du cadre de contrôle constitue un élément clé de stabilité.
FAQ – Questions fréquentes
Que reproche-t-on à Makor Securities Paris et à son dirigeant ?
La décision du 20 janvier 2026 met en avant des défaillances dans le dispositif interne de détection et de suivi d’éventuels abus de marché. Il s’agit d’un élément central de la conformité pour un prestataire de services d’investissement, chargé de surveiller les opérations afin d’identifier des comportements pouvant constituer des infractions financières.
Quels sont les montants des sanctions prononcées ?
La Commission des sanctions a infligé une amende de 700 000 euros à Makor Securities Paris, assortie d’un avertissement, et une amende de 150 000 euros à son dirigeant, M. Yankel Hassan, également accompagnée d’un avertissement. Le total des amendes s’élève donc à 850 000 euros.
La décision est-elle définitive ?
Non. Makor Securities Paris et M. Yankel Hassan ont formé un recours devant le Conseil d’État contre la décision SAN‑2026‑02, ainsi qu’une requête en référé-suspension afin de demander l’interruption de l’exécution de la décision dans l’attente du jugement au fond. La procédure contentieuse est donc en cours.
Quel est l’impact de ces sanctions pour les clients du prestataire ?
Les sanctions ne signifient pas nécessairement l’arrêt immédiat de l’activité, mais elles peuvent conduire à un renforcement rapide des procédures de conformité, à des contrôles supplémentaires ou à des ajustements opérationnels. Pour les clients, l’enjeu est de suivre les communications officielles du prestataire et de vérifier la manière dont il améliore ses dispositifs de contrôle.
Comment un investisseur peut-il évaluer la solidité de la conformité d’un prestataire ?
Sans se substituer à un conseil personnalisé, quelques repères peuvent être pris en compte : transparence sur la gouvernance et la gestion des risques, qualité de l’information fournie sur les produits et leurs risques, historique public en matière de manquements ou de sanctions, et capacité apparente à s’adapter aux nouvelles exigences de la régulation financière. Ces éléments ne garantissent pas l’absence de risque, mais ils constituent une base d’appréciation utile.
Source : AMF – Autorité des marchés financiers

Après plus de 15 ans d’expérience en veille et gestion documentaire pour divers organismes européens de régulation financière et places de marché. Experte des bases de données professionnelles et des flux réglementaires, elle surveille chaque jour les dernières actualités économiques et financières afin de vous tenir informé(e) de tout ce qui compte pour vos décisions d’investissement.













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