Sommaire
- 1 Disparités de genre dans l’investissement : ce que montre le Baromètre AMF
- 2 Préférence pour la sécurité : comment le rapport au risque façonne les portefeuilles
- 3 Information financière, intérêt pour la Bourse et participation des femmes
- 4 Autonomie croissante des femmes dans le choix de leurs placements
- 5 Synthèse chiffrée des écarts femmes-hommes dans l’investissement
- 6 FAQ – Questions fréquentes
Les chiffres du Baromètre AMF confirment une réalité tenace : les disparités de genre restent profondes dans l’univers de l’investissement. Moins présentes en Bourse, sur les crypto-actifs ou le financement participatif, les femmes continuent d’apparaître comme minoritaires sur les marchés financiers, alors même que leur rôle économique progresse. L’édition spéciale consacrée aux femmes met en lumière un double mouvement : un sous-investissement persistant, mais aussi des signes d’autonomie et de montée en compétences chez celles qui franchissent le pas.
Pour un investisseur particulier ou un professionnel, ces constats ne sont pas anecdotiques. Ils interrogent la manière dont se construit la confiance financière, comment se diffuse l’information économique et comment se joue, concrètement, l’égalité des sexes dans la gestion du patrimoine. En filigrane, cette analyse statistique pose une question simple : que se passe-t-il quand la moitié de la population reste en retrait des produits risqués, alors que ces derniers structurent une partie de la création de richesse à long terme ? Les réponses apportées éclairent à la fois les enjeux de diversité, d’inclusion et de performance des portefeuilles.
En bref
- Participation des femmes encore minoritaire : 38 % des investisseurs en Bourse, 36 % en financement participatif, 26 % en crypto-actifs.
- Écart de confiance marqué : 28 % des femmes se disent confiantes dans leur situation économique et financière, contre 39 % des hommes.
- Prise de risque limitée : plus d’une femme sur deux refuse tout risque sur ses placements, bien davantage que les hommes.
- Autonomie en hausse : 46 % des femmes déclarent choisir seules leurs placements, un niveau proche de celui des hommes.
- Convergences chez les investisseuses : dès qu’elles détiennent des produits d’investissement, leurs comportements se rapprochent nettement de ceux des hommes.
Disparités de genre dans l’investissement : ce que montre le Baromètre AMF
Au cœur de cette édition spéciale du Baromètre AMF, un constat domine : les femmes restent nettement moins présentes parmi les investisseurs sur les marchés risqués. Elles ne représentent que 38 % des investisseurs en Bourse, 36 % du financement participatif et 26 % des investisseurs en crypto-actifs. Autrement dit, la majorité des positions sur ces segments est encore détenue par des hommes.
Pour illustrer ces écarts, imaginons deux profils fictifs mais typiques. D’un côté, Marc, 40 ans, cadre, investit depuis plusieurs années en actions, ETF et crypto-actifs. De l’autre, Sophie, 38 ans, également cadre, privilégie les livrets réglementés, une assurance vie en fonds en euros et hésite encore à ouvrir un compte-titres. Les données du baromètre montrent que le profil de Marc reste, aujourd’hui encore, plus fréquent que celui de Sophie lorsqu’il s’agit de placements en actions ou de produits financiers complexes.

Pourquoi les femmes investissent-elles moins en Bourse et en crypto-actifs ?
Les résultats de l’analyse statistique mettent en avant plusieurs facteurs. D’abord, les femmes déclarent en moyenne des revenus et un patrimoine financier inférieurs à ceux des hommes. Avec moins de marge de manœuvre, la tolérance aux pertes potentielles est souvent plus limitée, ce qui peut freiner l’exposition aux actions ou aux crypto-actifs.
Ensuite, le baromètre souligne un déficit de confiance : 28 % des femmes seulement se disent confiantes dans l’évolution de leur situation économique et financière, contre 39 % des hommes. Ce sentiment joue directement sur la façon de se positionner sur les marchés financiers. Lorsqu’on craint pour son avenir financier, la priorité va en général à la sécurité et à la liquidité, au détriment des placements volatils.
Pour un investisseur ou une investisseuse, l’enseignement est clair : la question n’est pas seulement de “savoir investir”, mais aussi de se sentir légitime et suffisamment sécurisé pour accepter une part d’incertitude. Le point clé ici est que la confiance perçue pèse autant que la capacité objective à investir.
Préférence pour la sécurité : comment le rapport au risque façonne les portefeuilles
En 2025, plus de la moitié des femmes interrogées déclarent refuser toute prise de risque en matière d’investissement (51 %), contre 31 % des hommes. Cet écart de presque 20 points est un élément central pour comprendre la structure des patrimoines financiers. Il contribue à expliquer pourquoi les femmes sont, statistiquement, moins exposées aux actions, aux ETF ou aux crypto-actifs.
Pour reprendre le cas de Sophie, celle-ci peut très bien disposer d’une épargne significative, mais conserver une grande partie sur des produits garantis. À court terme, ce choix offre une stabilité rassurante. À long terme, il peut limiter son potentiel de rendement, surtout dans un environnement où l’inflation grignote la valeur réelle de l’épargne.
Compétences financières perçues et réelles : un décalage révélateur
Le Baromètre AMF met en évidence une autre dimension des disparités de genre : la perception des compétences financières. Seules 28 % des femmes se jugent compétentes en matière d’épargne et de placements, contre 51 % des hommes. L’écart est net, et renvoie autant à la socialisation financière qu’aux parcours professionnels.
Pourtant, lorsque les connaissances sont testées par des questions factuelles, la différence est moins tranchée : 9 % des femmes répondent correctement aux trois questions, contre 15 % des hommes. On observe donc davantage une sous-estimation de leurs savoirs chez les femmes et, à l’inverse, une tendance à la surestime chez les hommes.
Ce décalage a une implication directe pour les marchés financiers : si une partie des épargnantes maîtrise en réalité mieux qu’elle ne le pense les mécanismes de base, un travail sur la confiance et l’accès à l’information pourrait contribuer à réduire le fossé de participation. Le point à retenir est que l’écart de confiance ne reflète pas uniquement un écart de connaissances.
Information financière, intérêt pour la Bourse et participation des femmes
L’étude révèle qu’en 2025, une femme sur deux déclare ne pas s’informer sur la Bourse et les marchés financiers (50 %, contre 27 % des hommes). Cette distance vis-à-vis de l’actualité boursière se retrouve dans l’intérêt déclaré pour les actions : 25 % des femmes disent s’y intéresser, contre 45 % des hommes, et 24 % leur font confiance, contre 44 % des hommes.
Ce recul peut s’expliquer par plusieurs éléments : sentiment que la Bourse est réservée à des profils “experts”, perception négative liée à des crises passées, ou encore représentation stéréotypée des marchés financiers. Concrètement, cela signifie qu’une partie importante du public féminin se tient à distance des sources d’information qui pourraient lui permettre de mieux évaluer les risques et les opportunités.
Quand les femmes investissent, les écarts se réduisent nettement
Une donnée essentielle du Baromètre AMF nuance toutefois ce tableau : parmi les détenteurs et détentrices de produits d’investissement, les comportements se rapprochent fortement. Femmes et hommes sont aussi nombreux à détenir des actions cotées (33 %) et des fonds d’investissement (23 %), ou à participer au financement participatif (22 %).
Les différences persistent surtout sur certains segments : les femmes sont moins nombreuses à détenir des ETF (10 % contre 18 %) et des crypto-actifs (20 % contre 33 %). Mais dès lors qu’elles ont franchi le cap de l’investissement, les écarts de perception se resserrent. Parmi les investisseuses, 86 % recherchent des informations sur la Bourse (contre 93 % des hommes investisseurs), 59 % déclarent s’intéresser aux actions (66 % des hommes), 58 % leur font confiance (63 % des hommes) et 77 % les jugent intéressantes à long terme (79 % des hommes).
Un enseignement ressort clairement : l’écart majeur se situe à l’entrée sur les marchés financiers. Une fois engagées, les femmes convergent largement en termes de comportements et de perceptions, ce qui pose la question des leviers d’inclusion à l’amont du parcours.
Autonomie croissante des femmes dans le choix de leurs placements
Un autre signal positif de cette édition spéciale du Baromètre AMF concerne l’autonomie déclarée. En trois ans, la part des femmes indiquant choisir seules leurs placements a nettement augmenté. Elles sont désormais 46 % à déclarer prendre leurs décisions d’investissement sans intermédiaire, un niveau comparable à celui des hommes (43 %).
Parallèlement, la proportion de femmes déclarant suivre les recommandations d’un professionnel pour leurs placements a reculé, passant de 32 % en 2023 à 23 % en 2025. Ce mouvement peut traduire un accès plus large à l’information financière en ligne, une familiarisation progressive avec les outils numériques d’investissement, mais aussi un souhait plus marqué de maîtriser directement la construction de son patrimoine.
Profils les plus actifs : le rôle clé des femmes jeunes et CSP+
Les données mettent en lumière un segment particulièrement dynamique : les femmes de moins de 35 ans appartenant aux catégories socio-professionnelles supérieures. Parmi elles, 48 % investissent en Bourse, en crypto-actifs ou via le financement participatif. Elles sont également plus nombreuses à accepter un peu de risque pour leurs placements (61 % contre 32 % des autres femmes) et à envisager d’investir en actions (69 % contre 31 %).
On peut imaginer le profil de Léa, 29 ans, ingénieure, qui investit chaque mois via un PEA en ETF et en actions internationales, et qui suit régulièrement l’actualité des marchés financiers. Ce type de parcours reste minoritaire à l’échelle de l’ensemble des femmes, mais il gagne du terrain et préfigure peut-être l’évolution à venir de la participation des femmes à l’investissement en actions.
Pour les professionnels de la gestion de patrimoine et des sociétés de gestion, ce segment constitue un indicateur : lorsqu’une offre est lisible, accessible et alignée avec leurs contraintes (temps, montant d’entrée, outils), une partie des femmes se saisit pleinement des opportunités d’investissement.
Synthèse chiffrée des écarts femmes-hommes dans l’investissement
Le tableau suivant récapitule quelques ordres de grandeur mis en avant par cette édition spéciale, afin de visualiser les principaux écarts entre femmes et hommes en matière de finances et d’investissement.
| Indicateur clé | Femmes | Hommes |
|---|---|---|
| Part des investisseurs en Bourse | 38 % | 62 % |
| Part des investisseurs en financement participatif | 36 % | 64 % |
| Part des investisseurs en crypto-actifs | 26 % | 74 % |
| Confiance dans la situation économique et financière | 28 % | 39 % |
| Refus de toute prise de risque | 51 % | 31 % |
| Se déclarent compétents en matière d’épargne et de placements | 28 % | 51 % |
| Choisissent seules/ seuls leurs placements | 46 % | 43 % |
Ces chiffres ne constituent pas un conseil d’investissement personnalisé, mais un cadre de compréhension. Ils permettent d’identifier où se situent les principaux écarts dans la relation aux marchés financiers et d’alimenter la réflexion sur l’égalité des sexes dans la gestion du patrimoine.
Trois repères concrets pour lire ces données en tant qu’investisseur
Pour replacer ces résultats dans une perspective d’inclusion et de bonne allocation de l’épargne, quelques repères peuvent être utiles :
- Le risque perçu est autant psychologique qu’économique : à revenu et patrimoine comparables, les écarts de confiance peuvent conduire à des portefeuilles très différents.
- La frontière clé se situe à l’entrée sur les marchés : une fois qu’une femme investit, ses comportements convergent largement avec ceux des hommes, ce qui interroge l’accès initial à l’information et aux produits.
- Les jeunes femmes CSP+ annoncent des évolutions possibles : leur niveau de participation laisse penser que les lignes peuvent bouger, sous réserve de dispositifs pédagogiques adaptés.
Pour tout investisseur, ces éléments rappellent que la construction d’un portefeuille ne se joue pas uniquement sur des paramètres financiers, mais aussi sur des aspects culturels, sociaux et de confiance individuelle.
Source : AMF
FAQ – Questions fréquentes
Pourquoi parle-t-on encore de disparités de genre dans l’investissement ?
Les dernières données du Baromètre AMF montrent que les femmes restent minoritaires parmi les investisseurs en actions, en financement participatif et en crypto-actifs. Elles déclarent en moyenne des revenus et un patrimoine financier inférieurs, une confiance plus faible dans leur situation économique et une aversion au risque plus marquée. Ces éléments se traduisent par une moindre exposition aux marchés financiers, ce qui alimente la persistance des disparités de genre.
Les femmes prennent-elles vraiment moins de risques que les hommes ?
Les réponses recueillies indiquent qu’une majorité de femmes refuse toute prise de risque sur leurs placements, dans une proportion nettement supérieure à celle des hommes. Ce profil prudent se manifeste par une préférence pour les produits garantis ou faiblement risqués. Cependant, parmi les femmes qui investissent déjà en produits financiers, la perception du risque se rapproche fortement de celle des hommes, ce qui laisse penser que l’enjeu principal se situe au moment d’entrer sur les marchés.
Les différences de connaissances financières expliquent-elles l’écart de participation ?
Les écarts de connaissance existent, mais ils ne suffisent pas à eux seuls à expliquer la différence de participation. Les femmes se déclarent moins compétentes que les hommes en matière d’épargne et de placements, mais lorsqu’on teste leurs connaissances, la distance est plus réduite que ne le laissent penser les déclarations. Il existe donc un décalage entre compétence perçue et compétence réelle, avec une tendance des hommes à surestimer leur niveau et des femmes à le sous-estimer.
Comment évolue l’autonomie des femmes dans la gestion de leurs placements ?
La part des femmes déclarant choisir seules leurs placements a nettement progressé au cours des dernières années, pour atteindre un niveau comparable à celui des hommes. Dans le même temps, le recours systématique aux recommandations de professionnels recule. Cette évolution traduit une montée en autonomie dans la gestion de l’épargne, portée notamment par un meilleur accès à l’information financière et par le développement d’outils numériques d’investissement.
Que retenir pour un investisseur ou une investisseuse aujourd’hui ?
Ces résultats n’impliquent aucune stratégie d’investissement particulière, mais fournissent un cadre de réflexion. Ils rappellent que la gestion de l’épargne est influencée par des facteurs psychologiques, sociaux et de confiance, et que les écarts de participation entre femmes et hommes ne sont pas uniquement une question de revenus. Pour toute personne qui investit ou accompagne des investisseurs, comprendre ces dynamiques permet d’adapter la pédagogie financière, de favoriser une meilleure inclusion et de poser des choix d’investissement plus éclairés, en cohérence avec les objectifs et le profil de risque de chacun.

Après plus de 15 ans d’expérience en veille et gestion documentaire pour divers organismes européens de régulation financière et places de marché. Experte des bases de données professionnelles et des flux réglementaires, elle surveille chaque jour les dernières actualités économiques et financières afin de vous tenir informé(e) de tout ce qui compte pour vos décisions d’investissement.













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